Les écrivants

28 décembre, 2007

Avant-propos

Classé sous les éditeurs,Publications,Textes Inédits — textesinedits @ 21:24

Ce livre ne se résume pas, il se lit d’abord, parce qu’il témoigne d’une époque, mais également parce qu’il y a quelque part en lui une certaine musique qui ne déplait pas. Un véritable acte d’écriture.

Hamidechi Boubaker

31 décembre, 2007

Constantine

Classé sous Coups de gueule — textesinedits @ 12:40

Cette ville millénaire sombre chaque jour un peu plus un peu moins dans les abysses, sans que ça gêne nos élus locaux. Pourquoi ? Parce que c’est le règne des incompétents. C’est aussi simple simple que ça. D’ailleurs, ce triste constat s’applique à toutes nos villes.
C’est le califat des médiocres et ça va de durer.

30 décembre, 2007

Carnets de Abd’

Classé sous Textes Inédits — textesinedits @ 20:51

Si tu pars, à qui céder mes rancunes piégées sur les terrasses ordurières des brasseries d’Alger ? Si le sang appelle le sang, à quelle âme confier tes peines ? Et où aller avec tous ces cadavres qui assiègent nos entours et nous narguent ?

Qui entendra nos cris ?

Marcher encore ? Oui, mais jusqu’où avec mes chants altérés, mes rêves émiettés, mes rires étranglés ? Jusqu’où pourrais-je aller ainsi harnaché ?…

Le silence s’est ancré en moi profondément. Mon sang en est pollué.

Ne coupe pas, Zhor, ça me revient, à tant vouloir t’aimer je t’ai perdue… À quel autre moi-même ai je ressemblé ? En quel miroir de moi-même me suis-je éclipsé ? Éclaire-moi, le filet de l’exil se resserre, ton appel ne me parvient plus ou alors de façon si faible qu’il me faut crier…

Demain : la vieillesse, les rides… T’imaginer ne suffit plus.

Trois années se sont écoulées et notre histoire ne fait que commencer. Trois années, trois scrutins et toujours les mêmes qui régentent.

Il n’y a pas eu de révolution.

Il n’y a pas eu de livre.

Il n’y a pas eu d’amour.

Rien, à part cet espoir gravé par tes mains. Espoir d’une dérive lointaine. Merci, Zhor ! Mille fois merci.

 

28 décembre, 2007

La Manipulation

Classé sous Textes Inédits — textesinedits @ 20:04

Le voici de nouveau assis, le dos tourné à la mer, le regard terne, le teint blafard, méditant sur cette histoire de crime maquillé en suicide qui continuait à lui tarauder le crâne et qu’il ne réussit ni à refouler, ni à expulser hors de lui. L’examen de conscience auquel il se livra, les yeux fermés, ne lui révéla qu’une infime partie de l’ampleur des dégâts qu’il avait causés autour de lui, sans lui permettre de faire la lumière sur l’origine du malaise qu’il ressentait face à cette réalité dense, quoique médiocrement vécue, qui l’emplissait de ses bruits et de ses frayeurs.

Autour de lui, les paumés d’El-Kahira allaient et venaient, en répétant comme s’ils voulaient l’effrayer : « Ce qui est horrible, ce n’est pas la mort en soi, elle est inévitable. Non, ce qui est horrible, c’est l’acte par lequel quelqu’un que l’on ne connaît pas, quelqu’un que l’on n’a jamais vu, se fait hara-kiri… » Puis le fil cassait et il restait là, incapable d’aller plus loin, comme prit à son propre piège… On lui avait interdit, formellement interdit d’impliquer Jihad dans ce qui s’était passé à Al-Kahira, mais il ne respecta pas cette consigne. Mieux, au moment où il se vit interdit de parole, faisant fi des dangers qui le menaçaient, il résolut de retourner à Al-Kahira enquêter sur cette affaire de meurtre – de suicide ! – qui l’obsédait sans cesse.

Il savait qu’Al-Kahira ne se laisserait pas faire et qu’elle essaierait, dans un dernier sursaut d’orgueil, de déterrer le cadavre de Mehdi pour le jeter sur sa route.

Le jour du départ, seule Dalila était venue lui dire au revoir… Elle se tenait, immobile, au milieu de la place embouteillée de camions et de bus brinquebalants trainant leur lassitude dans un nuage de fumée bleue, de taxis ignobles aux vitres si sales que rien ne semble devoir atteindre leurs occupants, de nuées de scooters et autres motocyclettes vrombissant comme des bourdons affairés, leurs phares balayant des grappes de voyageurs hagards pataugeant dans la boue, comme s’ils étaient perdus. Le visage enfoui dans ses cheveux, Dalila le fixait de ses grands yeux bleus, silencieuse, le cœur déchiré, accablé par le poids de la douleur. Elle était crispée. Lui aussi. La situation était gênante. Il aurait voulu qu’elle s’en aille, qu’elle ne reste pas là avec ses yeux noyés de larmes. Il avait l’impression qu’il n’allait plus la revoir. Il était effrayé par ce qui se tramait dans sa tête. Plus tard, quand le chauffeur mit le moteur en marche et pressa son convoyeur de faire descendre les vendeurs de casse-croûte, il la vit s’éloigner, emportée par la foule. Longtemps, son image le poursuivit, puis finit par s’estomper.

Il n’avait pas de regrets. Il ne partait pas en villégiature.

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